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Émacié, aveugle, mystérieux et excentrique, l’artiste de rue Moondog a fait partie du quotidien des New-Yorkais pendant deux décennies, avant de gagner ses lettres de noblesse en Europe à titre de compositeur avant-gardiste dirigeant des orchestres devant la royauté locale, et d’être salué comme l’un des plus grands visionnaires musicaux du siècle par des artistes de la trempe de Charlie Parker, Leonard Bernstein, Steve Reich et Philip Glass. Mais à New York, Louis T. Hardin, surnommé Moondog, était un pilier du quartier midtown de Manhattan, aussi taciturne et immuable que la statue de George M. Cohan à Duffy Square. Beau temps, mauvais temps, on pouvait l’y voir, invariablement vêtu de sa robe faite à la main, d’une paire de sandales, d’une cape volant au vent et d’un casque de Viking à cornes, l’expression tangible de ce qu’il appelait sa « philosophie nordique ». Dans le cadre de cette diffusion sur les ondes de Stingray DJAZZ, Moondog se produit avec le réputé ensemble London Saxophonique le temps d’un concert haut en couleur.