Les frontières du jazz

Chaque dimanche d’octobre 2016

 

En octobre, Stingray DJAZZ rend hommage aux artistes qui ont repoussé les frontières du jazz ! Certains musiciens de jazz ont mis un point d’honneur à rester fidèles aux traditions, tandis que d’autres sont entrés en terrain inconnu et ont élargi l’horizon du genre. Chaque dimanche à 21h00, DJAZZ met en valeur un artiste de jazz novateur : Wynton Marsalis, Rahsaan Roland Kirk, John Coltrane, Ornette Coleman et Miles Davis.

 

 

Le dimanche 2 octobre, Stingray DJAZZ donne le coup d’envoi du spécial « Les frontières du jazz » avec un concert du Wynton Marsalis Septet. Le trompettiste Wynton Marsalis a connu une ascension fulgurante dans les années 1980. Il a marqué les esprits avec son style, qui se situe dans la lignée de Louis Armstrong et Miles Davis. Marsalis, un avocat et gardien infatigable du genre jazzistique, a été décrit comme suit par le journaliste Ed Bradley : « Il y a peu, les gens disaient que le jazz était mort et que personne ne voulait écouter du jazz. Puis, Marsalis et sa trompette ont fait leur entrée et ont donné un second souffle à la musique. »

 

Le 16 octobre, DJAZZ présente un artiste qui a repoussé les limites du genre dans les années 1950 et 1960 : John Coltrane. Avec son style d’improvisation révolutionnaire, le saxophoniste a approfondi le vocabulaire du jazz : Coltrane a poussé les limites du bebop au maximum. Coltrane a élargi les horizons du développement harmonique de son instrument, parvenant à jouer plusieurs notes à la fois. Ses improvisations étaient si compliquées qu’elles ont été transcrites ; des étudiants en musique les utilisent pour peaufiner leur technique. Voici ce que Miles Davis a dit sur le style de jeu de Coltrane : « Il pouvait jouer très vite et très fort, ce qui est difficile. Quand il portait son saxophone à la bouche, on aurait cru qu’il était possédé. Il était si passionné – si acharné – et pourtant si tranquille, si gentil quand il ne jouait pas. »

 

Le 23 octobre, DJAZZ diffuse un concert d’Ornette Coleman. Coleman s’appuyait sur la puissance émotionnelle et harmonique du bebop plutôt que sur les structures et conventions existantes du genre. Ses premières expériences sur le label Atlantic Records ont donné l’album novateur « Free Jazz: A Collective Improvisation ». Le nom du disque est devenu le nom du mouvement free jazz : un style qui se concentre sur des dialogues improvisés entre les membres d’un ensemble de jazz. Sur l’album, un double quartet improvise simultanément (un quartet sur chaque canal stéréo), la section rythmique joue simultanément, et bien qu’il y ait une succession classique de solos, les autres instruments offrent librement des commentaires ; souvent, ces commentaires se transforment en improvisations collectives à part entière. C’était la première improvisation à remplir tout un disque : elle durait quarante minutes, c’était inédit !

 

« Les frontières du jazz » se conclut le 30 octobre par un concert de Miles Davis, peut-être l’un des plus grands artistes de jazz de tous les temps. Avec son album « Kind of Blue » (1959), il a réalisé un exploit révolutionnaire : sa créativité énorme y est à son apogée. Avec la sortie du disque « Kind of Blue », Davis a introduit un nouveau concept, celui du « jazz modal », avec pour cadre harmonique les modes musicaux plutôt que les suites d’accords.

 

 

2 octobre 21h00 : Wynton Marsalis - Septet 'In This House, on This Morning'

Le concert final de l’édition de 1992 du Münchner Klaviersommer a été assuré par Wynton Marsalis et son septuor. À 31 ans seulement, le jeune trompettiste vedette a présenté l’une de ses propres suites de jazz, intitulée « In This House, On This Morning ». La suite englobe tous les styles de composition et d’improvisation qui existent dans le jazz. Il s’agit d’un arrangement magistral, dans les petits détails comme dans les grandes lignes. Marsalis est accompagné par les musiciens Wes Anderson (saxophone alto), Wycliffe Gordon (trombone), Reginald Veal (contrebasse), Herlin Riley (batterie), Todd Williams (saxophone ténor) et Eric Reed (piano).

 

9 octobre 21h00 : Rahsaan Roland Kirk - Live '63 &'67

Rahsaan Roland Kirk: Live in '63 & '67 présente trois concerts stupéfiants de ce super-héros musical, puisant ici dans tout son arsenal instrumental : il joue du saxophone, de la flûte, du manzello, du stritch et de la clarinette et utilise des sirènes et des siffles – souvent en même temps ! Kirk est accompagné par des musiciens extraordinaires, y compris le contrebassiste légendaire Niels-Henning Ørsted Pedersen, les batteurs Alex Riel et Daniel Humair et le pianiste de longue date Ron Burton. Ensemble, ils swinguent tout le long des solos spectaculaires de Rahsaan. Cette collection inclut deux interprétations différentes de ‘Three For The Festival’, qui est probablement la pièce la plus spectaculaire de Kirk. Le morceau met en valeur le jeu acrobatique et tonitruant de Rahsaan, dont la musique était du jazz dans sa forme la plus pure.

 

16 octobre 21h00 : John Coltrane - Live in '60 & ‘61

John Coltrane: Live in '60 & ‘61 propose un retour exceptionnel sur la carrière d’un véritable géant de la musique du XXème siècle. Ces trois concerts distincts mettent en avant l’évolution du talent créateur de Coltrane, en tant qu’innovateur du hard bop alors qu’il faisait partie du Miles Davis Quartet en 1960 et puis comme chef d’orchestre accompli en 1961. Dans cet enregistrement, on retrouve non seulement le quartet classique de « Trane » avec Elvin Jones à la batterie, Jimmy Garrison à la basse et McCoy Tyner au piano, mais on le voit également sur scène avec d’autres légendes du jazz telles que Stan Getz, Eric Dolphy et Oscar Peterson. Cette séquence inclut aussi les interprétations éblouissantes de ses titres phares « My Favorite Things » et « Impressions ».

 

23 octobre 21h00 : Ornette Coleman Sextet

« Harmolodics » est la philosophie musicale du saxophoniste de jazz Ornette Coleman. Elle est surtout associée à l’avant-garde du jazz et au mouvement free jazz, bien qu’elle puisse également être appliquée à d’autres domaines. Selon les dires de Coleman, Harmolodics est « l’usage des aspects physiques et mentaux de sa propre logique, transformé en expression sonore, pour provoquer la sensation musicale d’unisson, exécuté par une personne seule ou par un groupe. » Dans la musique, cela veut dire que l’harmonie, la mélodie, le tempo, le rythme, le timing et les phrases doivent tous occuper des positions égales dans ce qui résulte du placement et de l’espacement des idées.

 

30 octobre 21h00 : Miles Davis live in Munich

Miles Davis est mort en septembre 1991. Son œuvre en tant que trompettiste, leader et compositeur joue un rôle crucial dans la musique du XXe siècle en général et dans le jazz en particulier. En 1988, Miles Davis a donné un concert mémorable dans le cadre du « Klaviersommer » de Munich, ensemble avec son groupe, composé de Kenny Garrett (saxophone), Bobby Irving (clavier), Adam Holzman (clavier), Joe McCreary (guitare), Benjamin Rietveld (basse), Marilyn Mazur (percussion) et Ricky Wellman (batterie).